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Dispositif EVcom : ce qu’il proposait aux commissionnaires de transport

EVcom n’est pas un logiciel de communication interne : c’est une démarche environnementale pour les commissionnaires de transport.

L’ancien article présentait EVcom comme une plateforme de communication d’entreprise. C’est une erreur de sujet. EVcom est un dispositif du programme EVE destiné aux commissionnaires de transport, pour mesurer et réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux prestations qu’ils organisent. Un commissionnaire qui cherche à comprendre la démarche a besoin de savoir quels flux mesurer, quels partenaires mobiliser et ce qui reste possible depuis la fin du programme financé de 2018 à 2025.

EVcom : à qui s’adresse la démarche ?

Le programme EVE distingue les chargeurs, les transporteurs et les commissionnaires. Ces derniers organisent ou coordonnent des opérations de transport pour leurs clients : affrètement, groupage, sous-traitance ou autres prestations logistiques. Ils ne possèdent pas nécessairement la flotte qui réalise tous les trajets. Leur capacité à réduire les émissions passe donc par la qualité des données demandées aux transporteurs et par les choix proposés au donneur d’ordre. La page officielle EVcom décrit une démarche volontaire d’amélioration environnementale, et non un outil de messagerie ou de gestion des ressources humaines (1).

La différence compte pour le référencement comme pour l’action : quelqu’un cherchant « mise en place du dispositif EVcom » ne demande pas comment déployer un intranet. Il veut comprendre un engagement sectoriel et sa méthode. Il faut aussi éviter de promettre aujourd’hui un accompagnement gratuit dans des conditions qui étaient liées à un programme désormais terminé.

Comment se construisait un engagement EVcom ?

La brochure officielle décrit un plan d’actions sur trois ans, appuyé par une évaluation des émissions, des indicateurs et un accompagnement. Le diagnostic part des activités de transport gérées : volumes, trajets, modes utilisés, prestations sous-traitées et données disponibles. Vient ensuite la sélection d’actions adaptées à l’entreprise, puis un suivi dans le temps (2). Ce n’est pas un label obtenu en installant une application.

Étape Question concrète Preuve utile
Périmètre Quelles prestations sont incluses ? Liste des flux et partenaires.
Données Dispose-t-on d’informations transport fiables ? Distances, modes, masses, facteurs et méthode.
Plan d’actions Quelles décisions peuvent changer les émissions ? Objectifs, responsables et calendrier.
Suivi Le gain est-il mesuré avec la même méthode ? Indicateurs comparables et hypothèses documentées.

Les leviers à examiner sans promettre un pourcentage universel

Le regroupement de marchandises, l’optimisation des chargements, le choix de transporteurs disposant de meilleures données, la réduction des trajets à vide et le recours à des solutions multimodales peuvent être étudiés. Leur effet dépend du réseau réel, des délais, des contraintes des marchandises et de l’offre disponible. Déplacer une livraison vers un mode moins émetteur sur le papier ne suffit pas si le trajet de pré-acheminement, les ruptures de charge ou les délais sont ignorés. Un plan solide indique le scénario de départ et la manière dont le gain sera calculé.

La communication aux clients mérite aussi une méthode. Une annonce de « transport vert » sans périmètre ni données crédibles risque d’induire en erreur. La page du programme mentionne l’information sur les émissions de transport et la collaboration avec les clients comme axes de travail. Il faut expliquer ce qui est mesuré, ce qui est estimé et ce qui dépend d’un fournisseur.

Que reste-t-il possible en 2026 ?

Le site officiel précise que le programme EVE, dans sa forme financée, s’est achevé en 2025. Pour un nouvel engagement EVcom, il indique qu’un commissionnaire peut construire un plan de décarbonation avec les outils existants, de manière autonome ou avec un bureau d’études ; les modalités de renouvellement et d’adhésion à de nouvelles chartes pour 2026 n’étaient pas établies lors de cette communication (3). Une entreprise ne doit donc pas supposer qu’elle peut simplement déposer aujourd’hui le même dossier qu’en 2024 et recevoir le même accompagnement.

La démarche utile consiste à contacter le programme ou les organismes sectoriels pour connaître l’état actuel du dispositif, puis à documenter ses données et ses objectifs sans attendre un label. Conservez les hypothèses de calcul : changement de flotte, mode de transport, taux de chargement et volumes d’activité peuvent modifier fortement les résultats d’une année à l’autre.

Une première réunion EVcom qui débouche sur des actions

  1. Définir les flux principaux et les données déjà disponibles.
  2. Identifier les clients et transporteurs capables de transmettre des informations utilisables.
  3. Choisir deux ou trois pistes dont l’effet peut être mesuré.
  4. Fixer un responsable, une échéance et une méthode de suivi pour chacune.
  5. Vérifier auprès de l’organisme officiel les modalités actuelles d’accompagnement et de reconnaissance.

Cette préparation reste valable même si le cadre institutionnel évolue. EVcom a donné un nom et une méthode à l’action environnementale des commissionnaires ; la qualité des mesures et des décisions demeure le cœur du travail.

Mesurer les émissions sans fausse précision

Un commissionnaire reçoit souvent des données hétérogènes : kilomètres réels pour un transporteur, estimations pour un autre, masse expédiée connue mais taux de chargement inconnu. Avant de produire un total, classez la qualité de ces données et notez les hypothèses. Un calcul arrondi à la tonne de CO₂ près ne devient pas fiable si la distance ou le mode de transport a été supposé. La comparabilité entre deux années demande aussi de suivre les changements de périmètre : acquisition d’un client, nouveau dépôt ou sous-traitant supplémentaire peuvent augmenter le total tout en améliorant l’efficacité par livraison.

Pour agir, identifiez les flux dominants plutôt que de répartir également l’effort sur toutes les lignes. Une petite optimisation sur un trajet fréquent peut avoir plus d’effet qu’une grande annonce sur une opération marginale. Le commissionnaire peut discuter avec ses clients des contraintes de délai qui empêchent un regroupement, puis proposer des alternatives chiffrées. Dans ce dialogue, il doit distinguer une économie mesurée d’une économie simplement envisagée.

Ce qu’une direction doit décider

Une démarche environnementale échoue facilement si elle reste confiée à une seule personne sans accès aux achats, aux opérations et à la relation client. La direction doit préciser qui collecte les données, qui valide les hypothèses et qui peut modifier un plan de transport. Un tableau de bord n’a de valeur que s’il débouche sur ces décisions. Le cadre EVcom aidait justement à structurer un plan d’action ; sa fin administrative ne retire pas l’intérêt d’une gouvernance claire pour les entreprises qui veulent poursuivre leur réduction d’émissions.

Sources

(1) Programme EVE, Commissionnaires et EVcom : https://www.eve-transport-logistique.fr/commissionnaires/
(2) Programme EVE, brochure EVcom : https://www.eve-transport-logistique.fr/wp-content/uploads/2022/05/commissionnaires-evcom.pdf
(3) Programme EVE, fin du programme et situation des nouveaux engagements : https://www.eve-transport-logistique.fr/fin-du-programme-eve-2

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Signature

Laura MarDinez

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